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Affaire «écrasement» au service des passeports: La cabale contre le DCPAF ne tient plus à grand chose 

Annoncée hier pour ce jeudi, l’affaire dite d’écrasement au service des passeports était très attendu dans l’émission « les grandes gueules » ce matin. Mais le moins qu’on puisse dire suite au passage sur espace FM du Directeur Central de la Police de l’Air et des Frontières (DCPAF) l’inspecteur général Lamine Keïta suivi de celui de son Directeur général Ansoumane Camara alias Baffoe, le dossier a pris l’allure d’un montage. En tout cas pour l’instant. 

C’est d’abord l’accusé qui est joint au téléphone par nos confrères, pour donner sa version des faits. Cela, après une présentation du dossier par l’un des chroniqueurs de la célèbre et redoutable émission. Mais le moins qu’on puisse dire c’est que la partie n’était pas gagnée d’avance par le mis en cause, seul à détenir le code d’écrasement des données biométrique d’un passeport.

Seulement, il n’a pas fallu une éternité pour le contrôleur général Keïta pour renverser la vapeur. D’un ton ferme, mais avec un calme olympien et en un temps record, le DCPAF passe du statut du suspect à celui de la victime potentielle d’une cabale montée de toute pièce.

De ses premières explications, il est apparu comme «de la délation, de le hargne » selon ses propres termes, contre sa personne. Une sorte de règlement de comptes d’une hiérarchie qui se serait jurée de faire tomber la tête du DCPAF dont le crime de lèse majesté, celui de refuser d’outre passer les principes pour faire plaisir aux chefs ne doit pas rester impuni.

Arguments à l’appui, le contrôleur Général Keïta démontre n’avoir rien à se reprocher. D’abord par sa disponibilité afficher à recevoir les journalistes pour leur prouver que même la preuve brandie comme exemple n’en est pas une. Selon lui, les deux personnes présentées comme une illustration du phénomène d’écrasement sont totalement distinctes : « Il ne s’agit pas d’une même personne, mais de deux personnes différentes qui ont fait l’enrôlement et obtenu leurs passeports régulièrement », explique-t-il.

Et d’ajouter, en invitant la presse à se rendre dans son service où, rassure-t-il, il y a les moyens nécessaires pour identifier les personnes concernées. Grâce à des techniques comme «le traçage » et «la comparaison d’emprunte ». «Des preuves matérielles qui sont dans notre base de données. affirme-t-il, insistant sur sa disponibilité à exposer tout cela devant la presse.

Une version curieusement corroborée par le Général Baffoe qui, d’entrée, joue la carte de l’apaisement et reconnaît pour sa part avoir sollicité le DCPAF dans ce sens, mais sans succès. « Je lai fait une seule fois, le directeur s’est plaint chez le ministre qui m’a dit que c’est interdit. Et c’est fini je reviens plus…»

Visiblement contrarié pour ne pas dire séduit par les explications du DCPAF le Général Baffoe l’avoue publiquement. « La façon dont il se défend, Lamine (DCPAF ndlr) est propre ….», déclare le Général Baffoe. Et de nuancer de passage que « ce n’est pas lui (le DCPAF ndlr) qui est visé », mais sa direction qui regroupe différents de services.

Point de discorde

Mais en dépit de l’attitude trop conciliante de son directeur Général, il subsiste des divergences entre son  DCEPAF et lui-même. Notamment sur l’enquête en cours. Là-dessus, pour permettre aux autorités et à l’opinion d’en avoir le cœur net, le DCPAF suggère que l’affaire soit confiée à la justice. Parce que soupçonnant l’inspection de la police de prise de partie dans le dossier…

Comme arguments, il avance le fait que le principe de confidentialité de l’enquête soit déjà violé. « C’est extrêmement grave qu’un document d’inspection se retrouve déjà dans les mains de la presse », dénonce le contrôleur général. Et d’enfoncer le clou : «Je me suis toujours opposé à ces pratiques c’est pourquoi les gens sont contre moi »…

Mais pour le Général Baffoe, «l’inspection générale est au dessus de tous » devrait continuer l’enquête. Même s’il reconnaît, du moins tacitement, qu’en saisissant directement la DCPAF, c’est tout logiquement que l’inspection s’est heurtée à des fins de non recevoir… Des difficultés déjà surmontées quand la hiérarchie régulièrement sollicitée a instruit le commissaire Keïta de se soumettre à la procédure.

Ce qui laisse entendre que l’unique et le très mince espoir qui reste à la hiérarchie ne tient qu’aux opérations d’écrasement prétendument intervenues «le 19 et suivant », alors que «l’acte d’interdiction pris par le ministre date du 14 d’un mois qui n’a pas été précisé par le Général. Surtout que le DCPAF est «le seul» à détenir le code d’écrasement des données biométrique d’un passeport.

En attendant, en plus des aveux du principal adversaire, le DCPAF a gagné des points aux yeux des observateurs. Y compris les animateurs et auditeurs des « grandes gueules » qui s’accordent sur le fait que le DCPAF fait face à une cabale montée de toute pièce.

Thierno Souleymane

Guineealerte.com