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Bradage de la bauxite guinéenne: Thierno Mamadou Bah de la NGC demande des comptes au pouvoir Condé

  1. Derrière le «boom minier» dont les autorités guinéennes actuelles se satisfont, il semble se cacher une véritable mafia. C’est ce que nous a confié le président de la Nouvelle Génération Citoyenne (NGC), Thierno Mamadou Bah (image d’archives), dans un entretien accordé à notre rédaction.

C’est un opposant très remonté qui a reçu le reporter de guineealerte à son domicile en banlieue de Conakry. En cause, le bradage de la bauxite guinéenne sur fond de soupçon d’enrichissement du clan actuel au pouvoir.

En effet, il y aurait une grosse différence entre le prix officiel et le prix réel à l’exportation de la bauxite, nous confie Thierno Mamadou Bah. Le jeune leader invoque un document « confidentiel » dont il a eu accès au contenu plutôt peu honorable pour les gouvernants actuels. Il s’agit d’un rapport adressé aux hautes autorités du pays.

Les faits, s’ils s’avèrent, sont graves: il s’agira d’un véritable bradage de la bauxite guinéenne sur fonds de soupçons d’enrichissement illicite des hauts perchés. La bauxite exploitée présentement à Boké serait en bonne partie vendue très en deçà de la moyenne du prix du marché international: douze (12) dollars US contre le prix normal oscillant entre 35 et 27 dollars la tonne. Donc vingt (20) à vingt et trois (23) dollars qui se «volatilisent» sur chaque tonne exportée… Les navires qui transportent le minerai vers Taïwan ou Singapour  sont ravitaillés en haute mer, ajoute Thierno Mamadou BaH.

Diplomatiquement parlant, ce document est adressé à Conakry pour alerter les dirigeants au cas où ces derniers n’étaient pas au courant de cette mafia.  Mais dans les faits, le leader de la NGC y voit une demande  d’explications de la part des institutions de breton woods  qui soupçonnent le pouvoir Condé d’enrichissement illicite.

A la question de savoir pourquoi le gouvernement guinéen pourtant prompt à réagir face à ce genre d’informations ne s’es pas fait entendre foi-ci, allusion faite aux récents rapports NRGI et HRW, l’ancien journaliste fait remarquer que le FMI et la Banque Mondiale sont des institutions qui fonctionnent de manière totalement différente que les ONGs. C’est pourquoi explique-t-il, elles se sont adressées « confidentiellement » au gouvernement, sans faire de déclaration publique.

Mais ce qui semble le plus choqué le président de la NGC, c’est qu’il croit savoir que plus de deux semaines après avoir reçu « l’alerte », l’Etat guinéen n’a fait aucune réaction. Ce qui, aux yeux de l’opposant, renforce le doute sur la mafia soupçonnée par les partenaires…

Face à ce silence plus que coupable, Thierno Mamadou Bah décide de ne pas en rester là: son parti décide de demander des comptes au pouvoir Condé. C’est dans ce cadre, annonce-t-il, que la NGC prépare une mission de terrain en vue d’informer et sensibiliser les populations de Boké sur l’opacité qui entoure le secteur de la bauxite au détriment des guinéens en général, et des communautés locales en particulier.

Une projection qui pourrait être sérieusement gênante pour le gouvernement. Ce dernier, en dépit du volume sans croissant de bauxite exporté, avec à la clé une place parmi le trio de tête des pays pourvoyeurs du marché international a du mal à convaincre les citoyens sur l’apport du secteur dans l’amélioration des conditions de vie des populations.

Thierno Souleymane

Guineealerte.com