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Cercle vicieux à la guinéenne: le RPG sur les traces du PUP

Les régimes se succèdent et se ressemblent en Guinée. Après plus de quarante ans d’opposition politique et bientôt deux mandats à la tête du pays, le rpg et son champion s’inscrivent dans une dynamique de conservation forcée pour ne pas dire illégale du pouvoir.

Les défenseurs de cette honteuse posture ont beau affirmer qu’Alpha Condé n’a pas déclaré encore sa candidature à un troisième mandat. Ces mêmes partisans conditionnés du statuquo ne peuvent cependant pas nier que leur champion entretienne une situation où on peut difficilement soutenir le contraire.

En témoigne le fait de garantir l’impunité à des individus parfois hauts perchés qui font ouvertement campagne pour un troisième mandat pour lui. L’appelant ainsi à violer la loi qu’il a pourtant jurée de respecter et  faire respecter. A noter que la constitution actuelle stipule que ‘’nul ne peut faire plus de deux mandats, cumulés ou non à la tête du pays’’. Mais ceci est un autre débat…

L’essentiel est que l’histoire bégaie encore une fois en Guinée. C’est le lieu de rappeler qu’en son temps, Lansana Conté et son PUP (parti de l’unité et du progrès)  avaient changé la constitution guinéenne pour se maintenir aux affaires ; aux grands dames d’Alpha Condé et des autres opposants d’alors. Mais aussi et surtout, au détriment du pays qui s’est vu plongé dans une crise dans laquelle il se débat encore et toujours…

Il faut noter de passage qu’en dépit de tout, le régime de Conté s’écroulera comme un château de carte dès l’annonce de son décès le 3 décembre 2008. Laissant la place à une autre transition  agitée et surtout très minée, au terme de laquelle l’opposant de toujours a été porté à la tête du pays…

Depuis, Alpha Condé, puisque c’est de lui qu’il s’agit, règne sans partage sur la Guinée. Huit ans après, constitutionnellement, il est à deux ans de la fin de son second (donc dernier mandat). Mais ironie du sort, comme le régime Conté qu’il avait combattu de toute sa force au nom des principes démocratiques qui sont à tous points de vus un lointain souvenir pour lui désormais, le 1er président démocratiquement élu (sic) marche sur les plates bandes de son adversaire d’alors. Si ce n’est pire : fraudes électorales, exactions, justice aux ordres, corruption généralisée, pauvreté ambiante… Autant de similitudes qui rappellent les années sombres de la Guinée de Lansana Conté.

Ironie du sort encore, c’est le parti orphelin de ce dernier et les hauts cadres qui l’avaient accompagné dans cette aventure, qui s’érigent aujourd’hui contre le fameux «troisième mandat ». Au nom de la démocratie (sic).

Hier hauts dignitaires et promoteurs du koudeisme, aujourd’hui opposants à l’opposant d’alors devenu président de la République, Cellou Dalein, Sidya Touré et le PUP pour ne citer que ceux là défendent les principes démocratiques sérieusement menacés par le régime Condé. Ce qui nous amène à la conclusion logique selon laquelle, «les hommes changent mais le système reste». Les bourreaux d’hier devenant les victimes d’aujourd’hui. Un cycle qui risque de s’éterniser, avec à la clé la même réalité: pauvreté galopante, népotisme, corruption, détournement de tous genres, insécurité, précarité, risque d’instabilité sociopolitique…  En tout cas si les Guinéens n’y prennent gardent…

C’est là que la majorité silencieuse de ce pays devrait se ressaisir, réfléchir à l’avenir de la Guinée et prendre ses responsabilités. Si non les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, le RPG et son éternel président réussiront le tour de force comme Lansana Conté et son PUP en leur temps. Et c’est la Guinée et les Guinéens qui en paieraient les frais. Avec le même rituel désolant pour ne pas reprendre l’expression du reggae man  et philosophe  ivoirien, qui, dans l’une de ses célèbres chansons, évoquait « le même rituel sanglant ». A bon entendeur salut!