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Défense de la constitution guinéenne: Ce vide juridique qu’il faut combler

Dans son envie de garder le pouvoir, Alpha Condé est désormais en contradiction avec lui-même. Tant tôt il arbore son manteau de gardien des institutions ; tant tôt il apparaît en complicité avec ceux qui veulent fouler au sol les-mêmes institutions. Une ambiguïté qui pourrait prendre fin si la haute cour de justice était mise en place.

Dans l’entretien qu’il a accordé aux confrères sénégalais en fin de semaine dernière, il a été question de la constitution guinéenne. Plus précisément des velléités de plus en plus apparentes de changement de cette dernière, pour permettre au régime Condé de rester encore au pouvoir. Même dans l’illégalité.

Abordant la question, au terme d’une longue «acrobatie verbale », l’actuel locataire de sékoutouréa conclut: «…Moi pour le moment je pense que le débat est ouvert et doit être libre. Chacun est libre de défendre sa position…»

Une vraie fausse neutralité qui passe à première vue certes. Mais dans le même entretien, l’ancien opposant historique a rappelé qu’il est le garant des institutions,  en sa qualité de président de la République. Et c’est là tout le problème car dans l’article 35 de la constitution guinéenne en vigueur, notamment la partie dont il a dû reprendre la lecture à sa prestation de serment après sa réélection en 2015, il est dit que le président de la République: «…jure de respecter et faire respecter scrupuleusement les dispositions de la constitution… »

A noter que la même constitution, à son article 27, stipule que: «le président de la République est élu au suffrage universel direct. La durée de son mandat est de 5 ans, renouvelable une fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non.»

…Et pour qui sait qu’à la fin de l’article 35 de la même constitution  il est dit: «…en cas de parjure, que je subisse les rigueurs de la loi », il y a lieu de combler ce vide juridique. Ce qui revient à la mise en place de la Haute Cour de Justice: l’unique institution habilitée à juger le président de la République, le premier ministre et les autres membres du gouvernement sur le plan national.

Thierno Souleymane