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Economie: le ministre de l’Economie, Mamadi Camara, parle des performances économiques de la Guinée

Le contexte d’exécution de la LFI 2019 sera marqué par 2 bonnes nouvelles :

  1. Lors du Conseil d’administration du FMI du 21 décembre 2018, la deuxième revue du Programme économique et financier de la Guinée, appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC) a été concluante. Cela illustre le fait que tous les critères de performance ont été réalisés, et que notamment le budget a été bien géré.
  1. La Guinée connaît le plus fort cycle économique de son histoire, comme l’atteste l’évolution du PIB au cours des trois dernières années. En effet, le taux de croissance moyen du PIB s’est chiffré à 8,8% alors que la moyenne du continent s’établit à 2,6% au cours de la même période. La croissance a atteint des pics à deux chiffres, notamment en 2016 et 2017. 

En outre, le Gouvernement a massivement investi dans les infrastructures de base, telles que l’électricité avec le barrage de Kaleta achevé et le barrage de Souapiti en construction. Sur financement privé, le barrage d’Amaria démarrera bientôt.

Les projets de la Route nationale n°1 et des voieries urbaines de Conakry sont en voie de démarrage.

Comme le budget est établi sur la base de deux documents : (i) le cadrage macroéconomique fait par le ministère du Plan et du Développement Economique et (ii) le Rapport économique et financier du ministère de l’Economie et des Finances, je voudrais parler brièvement de la Loi de finance initiale 2019, telle qu’elle vient d’être adoptée par l’Assemblée nationale le 26 décembre 2018.

Le budget est l’expression chiffrée d’une ambition et d’une volonté politique. A cet égard, le budget 2019 met l’accent sur les investissements structurants, notamment dans les infrastructures, parce qu’ils sont porteurs de croissance.  Il met également l’accent sur les dépenses sociales afin que l’embellie des agrégats macroéconomiques se traduise dans le portefeuille des ménages, notamment les couches les plus démunies.

Ce budget est la traduction de la volonté politique affichée par le Président de la République, Pr Alpha Condé, d’exploiter le potentiel économique remarquable de notre pays.

La préparation du budget qui vient d’être voté tient compte de la lettre d’orientation et de cadrage budgétaires adressée par le Premier ministre, Chef du Gouvernement, aux ministres économiques.

L’objectif visé dans le budget 2019 est de :

  1. Mettre en œuvre des politiques saines pour assurer la stabilité macroéconomique et poursuivre l’agenda de réformes du Gouvernement à travers l’exécution du Plan national de développement économique et social (PNDES 2016-2020) et la mise en œuvre du programme économique et financier soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) du Fonds monétaire international.

Dans cette perspective, nous tablons sur :

  • une croissance économique de 5,9% ;
  • un taux d’inflation moyen de 8,9% ;
  • un taux de pression fiscale de 13,7% ;
  • un niveau des réserves de change à 3 mois d’importation ;
  • une stabilisation du taux de change à 9250 francs guinéens pour 1 dollar américain.
  1. Accroitre les investissements dans les infrastructures socioéconomiques pour rendre la croissance économique plus robuste. Nous avons fait le choix d’augmenter significativement les dépenses d’investissement de 30,23%. Elles passent de 7 023 milliards de francs guinéens en 2018 à 9 146 milliards de francs guinéens à 2019 avec une volonté marquée du Gouvernement de privilégier le financement sur ressources propres : la part des investissements financés par le budget national de développement passe ainsi de 38% en 2018 à 46% en 2019.
  1. Renforcer le soutien aux programmes sociaux pour réduire la pauvreté et favoriser l’inclusion. Dans la poursuite de cet objectif, le Gouvernement accentue ses efforts dans les secteurs sociaux et d’éducation : dans le budget 2019, la Santé représente 7,3% du total des dépenses ; la Protection sociale 5,7% ; les logements et équipements collectifs 10,43% et l’Enseignement 13,66%.

Ces augmentations sont financées, pour une large part, par la réduction du train de vie de l’Etat sans remettre en cause ni les missions ni les conditions de travail dans les départements ministériels. Conformément à la lettre d’orientation budgétaire du Premier ministre, les « dépenses de biens et services » ont été réduites de 20% par rapport à 2018 et affectées aux secteurs de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage, de la santé et de l’éducation qui ont tous vu leurs budgets augmenter.

  1. Avec ce budget, nous visons l’objectif d’un excédent budgétaire de base de 0,9% du PIB contre 0,8% du PIB en 2018. Une performance qui résulte d’un effort de mobilisation des ressources et de l’efficience accrue des dépenses.
  1. Le solde nette de gestion (solde budgétaire) affichera un déficit de -2,4% du PIB qu’il faut financer par des ressources de financement (cessions d’actifs, emprunts, remboursements des prêts accordés par l’Etat) pour 5 043 milliards de francs guinéens, diminuées des charges de financement (amortissements des emprunts) pour 2 062 milliards.
  • Les recettes totales augmentent de 16%, passant de 16 627 milliards en 2018 à 19 331 milliards en 2019 ;
  • Rapportées au PIB, les dépenses se maintiennent à 17,7%.

Voilà résumé en quelques mots les réflexions préliminaires que je voulais faire avant l’intervention de Mr le Ministre du Budget.

Après son intervention, nous prendrons quelque deux ou trois questions des journalistes. Cette fin d’année est très chargée pour les ministres économiques. Il y a tellement d’urgences à régler, notamment la préparation dès maintenant de la troisième revue du Programme FEC.

Je vous remercie.

Mamadi Camara, ministre de l’Economie et des Finances