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Lutte contre l’immigration clandestine: les limites de la stratégie de la Belgique et de l’Union Européenne

Le directeur général de l’office belge des étrangers, Freddy ROOSEMOT en mission en Guinée, a animé une conférence de presse ce mercredi 9 janvier à Conakry. Il était accompagné de quelques  responsables de l’administration et de l’ambassade belge en Guinée, d’un cadre du ministère guinéen des affaires étrangères et du responsable de la communication de l’OIM en Guinée.

Face aux journalistes, les conférenciers se sont évertués à afficher la détermination de la Belgique et ses partenaires, notamment l’Europe et l’organisation internationale pour les migrations (OIM) pour réduire l’immigration clandestine. Une réduction sur fond de durcissement des conditions d’octroi d’asile avec une vérification encore plus stricte des documents et arguments avancés pas les demandeurs d’asile. Sans oublier le renvoie des immigrants déboutés dans leur démarche, qu’ils soient volontaires ou non du retour vers leurs pays d’origine…

Mais fondamentalement, il ressort de cette rencontre, que dans son élan de lutte contre l’immigration clandestine, la Belgique multiplie les initiatives mais apporter du nouveau dans sa stratégie. Certes il y a des activités qui s’étalent de la Guinée en Belgique: «La Belgique représentée en République de Guinée par une ambassade depuis l’année dernière, déploie des activités de coopération au développement à travers différents outils, mécanismes et canaux…» lit-on dans le communiqué de presse intitulé «Prévention de l’immigration irrégulière des Guinéens en Belgique».

Le même document qui précise la Belgique «…s’est engagée sur la période 2016 2023 à investir près de 75 millions d’euros en Guinée ». Avec un comme objectif, « la création d’emplois urbains, ruraux et féminins, accompagnés d’un volet de renforcement de capacités».

 «Des efforts » auxquels s’ajoutent des campagnes de sensibilisation et d’information accrues en vue, dans le cadre d’un projet appelé opportunité pour un meilleur avenir en Afrique (OMEGA).

Malheureusement, l’effet de ces «efforts» sur le phénomène que constitue l’immigration clandestine reste relatif. Le nombre de Guinéens demandeurs l’asile en Belgique cette année est de 1125, selon les autorités belges, contre 900  l’année passée (en février 2018). Et à long terme, rien ne démontre que ces efforts garantissent la fin souhaitée de la pratique, ou du moins sa réduction drastique dans la durée.

Pour preuve, en dépit de tout, la Guinée est toujours dans le pelletons de tête des plus gros pays pourvoyeurs de candidats à l’asile dans ce pays européen francophone. Juste derrière la Syrie, la Palestine, l’Afghanistan et l’Irak, tous des pays en guerre.

Une triste réalité qui risque de ne pas de changer si la lutte contre l’immigration clandestine n’intègre pas celle contre l’instabilité politique et la malgouvernance en Guinée et ailleurs en Afrique subsaharienne. La réalité que la Belgique et l’Europe feignent malheureusement d’ignorer pendant que parfois des pays européens contribuent à entretenir cet état fait, notamment dans leurs  anciennes colonies.

Thierno Souleymane