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Propagande anticonstitutionnelle de Kindia: Entre protestations, rejets et désaveux

Dire que le fameux projet de confiscation du pouvoir par le régime Condé a du mal à prospérer relève de la tautologie. En dépit des moyens abusivement déployés soit pour conditionner tantôt pour intimider les Guinéens, les embuches se multiplient sur chemin des promoteurs de la maudite initiative. Le cas le plus illustratif et naturellement le plus récent, est celui de Kindia où toute l’administration centrale le temps de tenter de tromper l’opinion.

Officiellement, il s’agissait du lancement des travaux au compte de la fête tournante de l’anniversaire de l’indépendance de la Guinée. Mais en réalité, c’était une propagande politique qui vise à préparer les esprits à la fameuse constitution préparée pour permettre au pouvoir actuel de rester aux affaires en violation flagrante de la loi actuelle.

La ville de Kindia était prise d’assaut ce weekend par les partisans du pouvoir à vie, du moins tant que ça les arrange. Mobilisés à coût des milliards puisés des caisses de l’Etat, ils sont venus essentiellement de Conakry et de Kindia  et environs. Y compris des écoles primaires d’où des enfants sont venus tout droit, vêtus de leur tenue scolaire kaki. Pour cautionner une initiative qui compromet davantage leur avenir dont l’horizon est déjà inquiétant.

A l’intérieur d’un «stade préfectoral» repli par tous les moyens qu’on peut imaginer, comme prévu, les autorités se sont succédées au micro pour faire allégeance à un projet de constitution qu’on ne connaît officiellement que de nom. Même si le principal concerné, Alpha Condé, n’a approuvé la demande qu’à demi-mot : se contentant de répondre qu’il continue d’écouter et qu’il répondra au moment venu…

 Seulement, comme «un crime n’est jamais parfait», pendant que le pouvoir déroulait son agenda entre quatre murs, les opposants à ce projet battaient le pavé dans la ville de Kindia pour exiger le respect de la constitution. Et les réactions de désapprobation se sont  multipliées après.

En témoigne la sortie du Kountigui de la Basse Côte, Elhadj Sékhouna Soumah. Proche du pouvoir ces dernières années, le notable de la partie maritime guinéenne communément appelé Basse Côte proteste vigoureusement contre les discours qui donnent «sa communauté» favorable au projet de nouvelle constitution. Un désaveu dans lequel le vieux Soumah se plaint de «trahison» de la part de ceux qui ont préparé la rencontre de Kindia. Dans sa vidéo qui fait le tour des réseaux sociaux, il précise qu’il n’était pas question de nouvelle constitution ou de troisième mandat dans la capitale de la Basse Guinée. Mais plutôt du lancement des travaux des préparatifs du 61ème anniversaire que Kindia devrait abriter cette année.

Une claque que le pouvoir aurait tout donné pour l’éviter. Mais ce n’est pas tout. Le parti du maire de Kindia, Mamadouba Camara qui demande au président actuel de changer la constitution n’est pas en reste. L’union démocratique de Guinée (udg) de l’homme d’affaire Mamadou Sylla a fait une réaction rejetant la déclaration du maire élu sous sa bannière.

Comme pour dire que ni la corruption à grande échelle ni l’exaction en guise d’intimidation ne suffiront face aux Guinéens plus que déterminés contre toute idée de confiscation du pouvoir par le l’actuel clan aux affaires.

Thierno